Je suis arrivée à La Havane avec une promesse : c'étaient des vacances, pas un shooting photo. J'avais emporté mon appareil presque par inadvertance, glissé sous des couches de lin, avec l'intention de laisser la "professionnelle" derrière moi et de simplement profiter du soleil des Caraïbes. Mais Cuba, avec sa vitalité rebelle et sa grandeur délabrée, a l'art de défaire les plans les mieux tracés.
La transformation a commencé dès mon premier matin dans la Vieille Havane. Alors que le soleil frappait les façades pastel de la Plaza Vieja, projetant de longues ombres dramatiques sur les pavés, j'ai ressenti cette étincelle familière. Ce n'étaient pas seulement les Chevrolet vintage aux teintes rouge pomme et turquoise; c'était la façon dont la lumière jouait sur la peinture écaillée d'un balcon où un vieil homme fumait un cigare, son visage comme une carte aux mille histoires.
À midi, les "vacances" avaient officiellement fusionné avec mon "métier de rêve". Je me suis retrouvée captivée par le rythme des rues — l'énergie cinétique des enfants jouant au baseball avec un bâton, le vert intense de la vallée de Viñales à l'aube, et l'éclat néon d'un club de jazz dans le quartier du Vedado. Chaque coin de rue offrait une composition trop parfaite pour être ignorée.
J'ai réalisé que pour moi, l'appareil photo n'était pas un fardeau, mais une extension de mes sens. Le voyage n'a pas été interrompu par la photographie; il a été défini par elle. Je suis rentrée chez moi avec bien plus que des souvenirs: j'ai capturé l'âme de l'île, prouvant que lorsqu'on aime ce que l'on fait, chaque vacance est un chef-d'œuvre en devenir.




































