Quelle magnifique surprise ce matin en ouvrant le journal de découvrir mon visage et mon travail mis à l'honneur dans la Charente Libre !
La journaliste Marie Fauvel a rédigé un très bel article sur mon projet photographique en cours, et cela m'a rappelé à quel point cette communauté est incroyablement accueillante. Pour ceux qui auraient manqué l'édition imprimée, of pour mes amis et proches restés aux Pays-Bas, je tenais à partager ici un peu des coulisses de cet article et de ce qui se passe sur la place du marché.
Le paysage humain de la foire de Chalais
Comme beaucoup d'entre vous le savent, depuis que mon mari et moi avons posé nos valises dans le charmant village d'Yviers il y a huit ans, je ben restée complètement fascinée par les gens d'ici. Je dis souvent : "Je ne suis pas une photographe de nature, je suis une photographe de la nature humaine." Ce qui captive mon regard et nourrit ma passion, ce sont ces regards profonds et authentiques ancrés directement dans mon objectif. Les paysages sont magnifiques, mais pour moi, l'humain est toujours au centre.
Mon nouveau projet m'amène chaque lundi matin au cœur de la foire animée de Chalais. Installée au milieu de la foule avec ma toile de fond de studio et mon matériel, ma mission est de créer une série de portraits qui documentent l'essence pure et brute de nos commerçants locaux, des habitués et des passants.
Je me suis imposé deux règles très strictes pour ce projet :
- Jamais deux fois la même personne.
- Prier pour une météo clémente et une belle lumière !
« Mon but ultime est de rassembler au moins deux cents de ces portraits uniques pour une grande exposition au printemps prochain. C'est un véritable travail de passion. »
J'y passe de longues heures, calquant mon rythme sur celui des exposants, attendant ce moment parfait où un habitant accepte de poser devant ma toile. Je compte poursuivre cette démarche tous les lundis jusqu'à la fin du mois de juin, juste avant que la grande vague de touristes estivaux n'arrive, afin que cette série reste strictement dédiée aux figures locales.
D'Amsterdam aux cuisines d'Yviers
L'article revient également sur mon parcours avant mon arrivée en Charente. J'ai parfois l'impression que c'était dans une autre vie lorsque je repense à mes quatre années d'études puis d'enseignement à la Fotoacademie Amsterdam, of à ce projet fou réalisé à l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol.
À l'époque, j'avais eu l'idée farfelue de photographier les voyageurs qui portaient un attribut distinctif sur la tête : une casquette, un chapeau, un turban of un képi. Munie d'un badge officiel de l'aéroport, j'avais eu le privilège d'accéder à toutes les zones réservées, des douanes aux terminaux, pour capturer cette humanité en transit.
Mais m'installer à Yviers a transformé mon rythme de création. Cela m'a appris la beauté de la proximité enracinée. En plein cœur du Covid, alors que le monde était confiné derrière des masques et des portes closes, j'ai ressenti le besoin viscéral de briser cet isolement. J'ai alors commencé à frapper aux portes du village. Tout a commencé avec deux frères formidables du coin, Pierre et Michel Bonnin, qui m'ont ouvert leur porte et accueillie autour de la table de leur cuisine.
« J'ai finalement sonné à 105 portes du village ; 100 personnes m'ont ouvert. Être accueillie avec autant de bienveillance dans une période de peur collective a été une expérience profondément émouvante, qui a donné lieu à une exposition m'ayant définitivement ancrée ici. »
Un grand merci du fond du cœur
S'installer à Yviers était la promesse de rester, de vivre au village et d'en faire pleinement partie. Poursuivre cette folle et belle carrière depuis mon nouveau port d'attache est un bonheur de chaque instant.
Je tiens à remercier chaleureusement Marie Fauvel pour son bel article, ainsi que toute l'équipe de Charente Libre, et par-dessus tout, chaque personne du marché de Chalais qui a accepté de jouer le jeu face à mon objectif. Vous êtes le cœur battant de la Charente, et c'est un honneur immense de "tirer vos portraits".
À lundi prochain sur le marché !
Avec toute mon amitié,
Lise

